Léger repli à Wall Street qui termine dans le rouge, effaçant ses gains de la séance dans les dernières minutes d’échanges. Les indicateurs macroéconomiques sont assez décevant, les ventes de logements anciens ont enregistré en avril leur plus forte hausse en près de deux ans, tandis qu’un recul du nombre des saisies immobilières a poussé les prix à la hausse. Également, l’indice d’activité manufacturière régionale de la Fed de Richmond publié ce jour a reculé fortement à +4 en mai 2012, contre +12 de prévu. Coté valeur, le titre Facebook a encore chuté de 9% pour terminer à 31 dollars, 18,4% en deçà de son prix d’introduction en Bourse vendredi (38 dollars). La polémique gronde sur les responsabilités des uns et des autres dans cette opération, présentée comme la plus importante introduction de tous les temps dans la sphère Internet.
Le premier sur le banc des accusés est bien entendu la banque Morgan Stanley, chef de file incontesté de l’opération, chargée de placer, avec 32 autres banques, les titres Facebook auprès des investisseurs…C’est en effet Morgan Stanley qui a décidé, en coordination avec les dirigeants de Facebook, d’augmenter la fourchette de prix de l’action, puis de fixer son prix définitif en haut de fourchette, et aussi d’augmenter le nombre de titres mis en vente (de 12 Mds$ environ à 16 Mds$) quelques jours avant l’introduction ! Ce faisant, la banque d’affaires aurait ignoré l’avis d’autres établissements bancaires, qui craignaient une “indigestion” de la part du marché face à cet afflux de titres, selon des sources citées par l’agence Bloomberg.
La banque aurait ainsi surestimé l’enthousiasme des investisseurs, malgré d’assez nombreuses mises en garde récentes d’analystes financiers, qui jugeaient le prix du titre Facebook trop élevé, dans un contexte d’accroissement des investissements et d’incertitudes sur les futures recettes publicitaires du réseau social en ligne. Il est de ce fait fort possible Morgan Stanley ait dépensé plusieurs milliards de dollars pour soutenir le cours de Bourse au niveau de 38 dollars en achetant des actions sur le marché. Pour ce faire, la banque d’affaires a utilisé l’option de sur-allocation (greenshoe) de 63 millions d’actions qui était en réserve, explique-t-on de sources proches du dossier.
On peut avoir une idée du coût de ce maintien au-dessus du seuil psychologique de 38 dollars : si Morgan Stanley avait acheté toutes les actions qui se sont traitées à moins de 38 dollars dans les 20 dernières minutes de la séance, elle aurait dépensé près de deux milliards de dollars. Les banques introductrices ne sont pas obligées de soutenir le cours de Bourse le premier jour, mais elles ont pour habitude de le faire. Morgan Stanley s’est refusée à tout commentaire selon l’agence Reuters.





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